Pôle logistique alimentaire de l’Ouest-de-l’Île : pour la dynamisation de l’agriculture périurbaine

L’équipe du SALIM en visite sur la ferme – Été 2020

À l’aune de sa conclusion, l’étude de faisabilité du pôle logistique alimentaire dans l’Ouest de l’île de Montréal, réalisée entre novembre 2020 et juin 2021,  démontre désormais clairement la pertinence  de mettre en place l’infrastructure, les équipements et les services partagés nécessaires aux producteur.trice.s de l’Ouest-de-l’Île.

Afin d’accompagner ces dernier.ère.s vers une optimisation logistique des opérations de post-récolte et de mise en marché, quatre scénarios de pôle logistique alimentaire ont été étudiés et discutés lors d’un atelier collectif.

Il s’agissait de cerner ce qui correspondait le mieux à leurs besoins d’ordre technique les plus pressants et ce qui était le plus porteur de sens pour un projet collectif. Un scénario s’est distingué, pavant la voie pour les prochaines étapes du projet. 

À l’origine du projet

Avant d’aborder les faits saillants de l’étude, il importe de rappeler brièvement que cette démarche est issue de l’expression par D-Trois-Pierres et le Regroupement Partage d’un besoin prioritaire d’entreposage réfrigéré pour soutenir la mission du programme Cultiver l’Espoir.

L’étude a pris forme à partir des questions suivantes : 

  • Quels besoins partagent les différentes fermes de l’Ouest-de-l’Île?
  • Un pôle logistique alimentaire parviendrait-il à remplir les besoins actuels et futurs identifiés?
  • Une telle infrastructure peut-elle démontrer une rentabilité financière tout en renforçant sa mission sociale?

QU’EST-CE QU’UN PÔLE LOGISTIQUE ALIMENTAIRE ? C’est une infrastructure physique qui assure, entre autres, l’agrégation et la distribution de denrées alimentaires locales. ( Source : Récolte )

Faits saillants : besoins, forces et ressources observés 

Un des points forts de l’étude a été l’identification et la précision des besoins partagés par les producteur.trice.s, qui sont : 

BESOINS

  • Entreposage réfrigéré 
  • Entreposage à température ambiante
  • Espace de transformation primaire (lavage, tri, emballage)
  • Véhicule de livraison réfrigéré une à deux fois par semaine durant la période estivale

L’étude a aussi permis de mettre en lumière d’autres éléments, tels que les principales forces et ressources en présence : 

FORCES ET RESSOURCES

  • Diversité des canaux de distribution et des clientèles des producteur.trice.s 
  • Majorité de fermes ayant une certification biologique, une valeur ajoutée pour la santé des citoyen.ne.s et des écosystèmes
  • Potentiel de développement augmenté grâce à l’avantage collaboratif 
  • Mobilisation de plusieurs paliers et instances de gouvernance autour des questions de résilience et d’autonomie alimentaire et du rôle de l’agriculture périurbaine

Ce qui se profile 

Afin de cerner les quatre scénarios potentiels de pôle logistique alimentaire dans l’Ouest-de-l’île, nous nous sommes intéressés aux variables suivantes : emplacement géographique, options d’usages, gouvernance et prise de décision, et mode de gestion opérationnel. 

En effet, il a émergé des différentes démarches auprès des producteur.trice.s que l’emplacement géographique idéal serait un site le plus proche possible des exploitations agricoles de chacun.e. Ce site serait aménagé de façon à accueillir l’infrastructure et les équipements requis à l’agrégation des produits maraîchers, leurs transformation primaire et leur entreposage dans des conditions optimales (réfrigération, ventilation, humidité), avant d’être distribués aux Montréalais.e.s directement ou par l’intermédiaire de clients tels que des épiceries, des restaurants ou des organismes communautaires. Pour ce qui est du mode de gouvernance, les préférences oscillent entre une coopérative (de producteurs ou de solidarité) ou un OBNL.

Les modalités de gouvernance, tout comme celles de gestion opérationnelle seront à définir durant la phase d’élaboration des plans d’affaires opérationnels et financiers. Les membres du comité de pilotage s’assureront que les propositions faites correspondent au mieux aux besoins du groupe de futurs utilisateur.trice.s.

Un projet qui prend forme

L’atelier collectif organisé par Récolte le 6 avril dernier avec les producteur.trice.s intéressé.e.s et le service des Grands Parcs (SGPMRS) a été déterminant pour co-modéliser une solution prometteuse qui prend en compte l’ensemble des variables identifiées.  Cette étape a permis à l’ensemble du groupe une transition confiante vers l’élaboration du plan d’affaires détaillé.

Les facteurs de succès ont été : 

  • la structure de l’atelier: avec des objectifs clairs, une animation très organisée, et une bonne répartition entre les temps de présentation et d’échanges en groupes;
  • les conseils de l’ÎLOT Coop sur l’animation et la posture à adopter;
  • l’engouement des participant.e.s qui ont démontré de la motivation, des idées et une envie de prendre part à un projet commun;
  • des prochaines étapes claires. 

Après l’atelier, les participant.e.s sont reparti.e.s avec une idée précise de la suite du projet et de leur possible contribution. En effet, un comité de pilotage s’est constitué et un sous-projet pilote de partage de véhicule de livraison a été lancé pour la saison estivale 2021. 

D’autres besoins à combler 

Alors que l’étude tire à sa fin, il ne subsiste aucun doute quant à la pertinence d’un pôle logistique alimentaire afin d’offrir l’infrastructure, les équipements et les services nécessaires au développement de l’agriculture périurbaine de l’Ouest-de-l’Île. 

Toutefois, ce pôle logistique alimentaire ne répondrait pour l’instant qu’aux besoins logistiques communs aux producteur.trice.s de l’Ouest-de-l’Île, alors que des besoins d’ordre organisationnel et foncier ont été manifestés par les parties prenantes et constatés à travers les différentes étapes de l’étude. 

Ces besoins sont tout aussi importants pour la dynamisation de l’agriculture périurbaine de l’Ouest-de-l’Île, en cohérence avec le respect des écosystèmes environnants. En effet, la majorité de ces acteurs pratiquent une agriculture biologique certifiée.

Les prochains mois seront maintenant consacrés au montage du plan d’affaires visant l’élaboration d’un premier prototype pour le printemps 2022. 

NOTE : Le programme Cultiver l’espoir fait désormais partie de l’initiative carte proximité portée par le Carrefour alimentaire Centre-Sud, un autre projet soutenu par Montréal en commun.